Au détour d'une des sombres ruelles de mon inconscient, je me retrouvai nez à nez avec cette singulière créature dont il est préferable de ne pas prononcer le nom -qui sait elle pourrait entendre son nom et sortir de son gouffre , à n'importe quel moment.
Son visage était livide, son regard d'habitude mesquin semblait teinté de ... mélancolie, bien que caché sous son voile. Un magnifique voile de fine dentelle noir irisé couvrait son visage. Elle semblait ... endeuillée. Son regard... le voile...? Quelqu'un était mort?
Le coeur sérré, je n'osais lui poser la question, lui adrésser la parole n'était pas une bonne idée, mais qui pouvait bien être mort, et qui est cette personne dont la mort pouvait atteindre la...la Damnée
Je m'hazardais donc à le lui demander, sans trop savoir à quoi m'attendre.
<<Qui est mort?
- Toi.
Sous le ton de sa voix je senti mes jambes flageoler, son regard était trop franc pour penser qu'elle pouvait plaisanter -et d'ailleurs je ne crois pas que ce genre de créature était capable de faire des blagues-, on ne pouvait y lire que la pure vérité.
Le temps d'une seconde, je failli y croire, mais une pensée stupide vint me consoler. Je suis vivante, mais bien sur je me tennais devant elle, peutêtre ne parlait-elle pas de moi, mais c'était invraisemblable, c'est moi qu'elle fixait du regard.
D'une voix tremblante -véritable contraste avec sa voix assurée et tonnante- je répondis que j'étais bel et bien vivante.
Elle souria doucement, d'un sourir très peu rassurant, un sourir qui fit presque hérisser mes cheveux sur ma tête. Elle dégageait une telle froideur...
-Tu es morte, tu n'es plus, mais tu ne t'en ai pas encore rendu compte, avec le temps tu comprenderas, ne crains rien, tu comprenderas.
Je bégaillais bêtement, mais les mots s'accrochaient à la parois de ma bouche, de peur peut être de sortir et d'effleurer les tympons de la...la...ses tympons.
Voyant mes efforts, elle s'approcha de moi, mon coeur en hypertachicardie allait s'arrêter, et je serais ainsi morte pour la deuxième fois sans n'y avoir rien compris.
Elle posa une main glacée sur mon épaule, et me chuchota au creux de l'oreille: Tout ira mieux désormais je veille sur toi.>>
C'en était apparement trop, mes jambes s'excusèrent, et je perdis connaissance sous son souffle givré.
Je ne me réveillai que longtemps après dans mon lit, j'étais en sueur, une sueur froide et grasse et pourtant j'avais de la température et mes joues étaient empourprées.
Prenant peu à peu conscience, je conclue que ce n'était qu'un vilain cauchemard, je n'y croyais pas pour autant,mais c'était l'explication la plus logique -ah, qu'Elle aurait rie en entendant cela, "ah vous les humains et votre logique, il n'y a rien de plus qui vous perdera que votre stupide manie de vous acrocher aveuglement à la logique".
Je me relevais donc pour aller à la salle de bain, me passer un peu d'eau froide sur le visage, histoire de balayer les derniers souvenirs de cette angoissante rêverie.
Ce fut ma plus grosse erreur, ce que je vis dans le miroir - un bref aperçu de la démence- m'asseilli.
Ce n'était pas moi dans le miroir, non ce n'est pas m'écriais-je follement.
Ce ne pouvait être moi, c'était un...dé...
Là, une image vint à se former devant mes yeux, le souvenir d'une image plutôt; l'image de la...son image.
C'était Elle dans le miroir, Grand Dieu c'était Elle.
Deux phrases me vinrent à l'esprit et prirent rapidement la forme d'un tic-tac d'horloge
"Tu es morte-Je veillerai sur toi, Tu es morte-Je veillerai sur toi, Tu es morte-Je veillerai sur toi"
A genou, sur le carelage, les yeux écarquillés et le corps en trance, je commençais enfin à comprendre.
Perdre conscience devint une habitude chez moi, je m'évanouissais à tout bout de champs pour me réveiller ailleurs entre les ombres, avec d'étranges souvenirs, dans d'étranges postures et doublés la plupart du temps d'un affreux mal de tête.
Ce fut le cas ce matin là, ou soir- je ne sais plus, j'avais perdu toute notion de temps- bref ce moment là où je trouvai cette singulière lettre.
L'écriture ressemblait legèrement à la mienne, bien qu'elle soit plus serrée plus résolue, comme si elle avait été écrite par une main sure d'elle et confiante.
En la parcourant des yeux, des frissons parcourèrent mon corps, comme s'ils faisaient la course, à qui ferait le tour en un minimum de temps.
Ladite lettre était effrayante, comme je suis sûre vous en conviendrez, il était inconcevable que la personne qui l'ai écrite soit saine d'esprit, ce devait être quelqu'un de troublé et de très amer me dis-je Me souvenant des premières lignes, je repliai la lettre et tentai de la remettre en place, mais je me rendis vite compte que c'était sur mon bureau qu'elle était posée...
Un faible rayon semblait transperçait mon esprit, un rayon de folie et de démence, mais avant que mes idées ne s'acheminent dans ce sens, une étrange odeur infiltra mon sombre boudoir.
C'était un parfum d'orquidée et de musc blanc, et bien qu'il enchanta mes narrines pendant un instant, il semblait sal, comme s'il avait été melé à une autre odeur, mais celle ci était moins bien énnivrante, c'était une odeur de putréfaction, une odeur de mort, comme si la dite fleur avait poussé sur une tombe et que son parfum, n'était pas assez fort pour couvrir l'odeur de mort qui collait à ses racines.
Je me retournai pour voir d'où pouvait bien émanner cette odeur, supposant que j'avais laissé la fenêtre ouverte.
Mais à ma grande surprise c'était Elle, encore; mais comment et pourquoi était-elle là.
Elle ne me regardait pas, elle semblait même ne pas me voir, elle s'assis à la chaise, déplia la lettre et se mis à la lire à haute voix:
A celui qui trouvera cette lettre,
étranger ne tiens pas rigueur de ces mots, ils ne te sont pas destinés pour la plupart, comme tu t'en renderas bien compte en lisant cette lettre car je sais que tu le feras. Je te pris simplement de les remettre là ou tu les as trouvé, jusqu'à ce que les vrais destinataires les trouvent. J'espère que tu tiendras compte de ma prière et que tu ne me feras pas l'affront de la prendre; je ne voudrais pas avoir à hanter tes nuits et à pourir ton existence jusqu'à ce que follie s'en suive.
J'ai changé, oui, je ne suis plus cette naive fillette dont vous carressiez les cheveux avec votre
sourir maladivement pervers.
L'autre dans le miroir a fini par se trouver une place dans ma vie. Elle n'est plus un reflet
chimèrique dans mes yeux, elle est ma voix.
Elle ne te ressemble pas, murmurez-vous.
Détrompez-vous, elle est "moi", le "moi" caché, le "moi" que vous noyiez farouchement chaque fois
qu'il sortait la tête de l'eau.
Aujourd'hui j'emmerge, pour le meilleur comme pour le pire.
Ce n'est pas un changement radical, il s'est opéré lentement avec la succession des saisons, mais
vous ne vous êtes pas rendu compte. Vous étiez trop occupé à aiguiser les ongles avec lequelles vous
laceriez mes rêves, et tronchiez ma volonté.
Je n'ai compris que tardivement que pour vivre, il fallait mourir.
Il fallait que je tue cette ombre que vous preniez pour moi, que je l'étrangle de mes propres mains
même si la douleur était humainement insuportable. ...et je l'ai fait
Vous me haissez aujourd'hui, vous detestez ce que je suis devenue, mais moi je vous ai toujours
hais, mais ce n'ai qu'aujourd'hui que j'éclos.
Fleur du mal, fleur de la haine, semmée dans ce desert aride qui autrefois était mon coeur, nourris
de larmes et de sang, le sang que vous avez coulé
Vous... ... te rapelles-tu de ce jour ou tu m'as traité de maudite, de monstre. Sois fière de moi,
je le suis devenue.
''
Je ne viens pas prêcher la bonne parole. Non je ne suis qu'une courtisane, qui pêche ici et là, qui
fait comme elle peut avec ce qu'on lui donne. Je ne suis pas parfaite, et je ne veux plus l'être. Il
est temps que j'arrête de chercher à vous plaire.
A bas les masques, aujourd'hui est un autre jour.
Avec sa voix perçante, la lettre était plus terrible, plus cinglante et pourtant...Je cru déceler une once d'humanité...
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Eh bien, eh bien, les gens, je suis de retour, enfin j'espère, mon ordi a recouvert la santé ^^, et
je me sens bien.
Je crois que je commence enfin à savoir ce que je veux, en apparence les choses ont changées,
mais ce n'est pas le cas, elles paraissent empirées. C'est moi qui ai changé, pas pour le meilleur je l'avoue, mais assez pour tenir le coup.
J'espère que vous allez tous et toutes bien, et que vous avez passé de bonnes vaccances je
passerais vous lire prochainement. Biz